Un convaincu du sport-santé

« Il s’agit du premier livre de marche nordique écrit par un médecin », souligne avec fierté Frédéric Depiesse. Ce praticien hospitalier licencié à la FFA (Fédération française d’athlétisme), d’abord comme athlète (ancien coureur de 400 mètres), puis comme médecin et président de la commission médicale nationale de la FFA, est un convaincu du sport-santé. Il a cofondé en 2004 à Toulouse le premier réseau de sport-santé de France et a formé sur la partie médicale les « Coachs Athlé Santé » (CAS) de la FFA de 2006 à 2020. « Soit près de 210 coachs », précise-t-il, en remerciant au passage la pionnière de cette discipline en France, Arja Jalkanen-Meyer avec qui il a travaillé.

C’est en 2006, à la suite d’une blessure aux ischio-jambiers que Frédéric Depiesse découvre et adopte la marche nordique. « Mon histoire avec la marche nordique est affective, elle m’a permis de reprendre le sport sans blessures, à une époque où je ne pouvais plus courir sans me blesser », écrit-il. Selon lui, il n’est pas nécessaire d’opposer systématiquement le sport de compétition et le sport santé : il y a un continuum dans les deux directions. Un compétiteur peut ainsi devenir un pratiquant santé après sa carrière et un sédentaire malade peut devenir un compétiteur après avoir été soigné.

+ 20% de dépense énergétique en marche nordique

Destiné aux professionnels de la santé (médecins, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens, etc.) et aux entraîneurs de marche nordique, ce livre propose une vision de la prescription de la marche nordique dans un parcours de soins ou de prévention (activité physique sur ordonnance). L’auteur sait de quoi il parle puisqu’il a été entraîneur de marche nordique du club Aiglon du Lamentin en Martinique alors qu’il était membre de l’unité de médecine du sport du service de MPR (Médecine physique et réadaptation) du CHU de 2015 à 2020. Premier constat du livre bien doté en références scientifiques : la dépense énergétique en marche nordique est plus importante d’environ 20% qu’en marche sans bâtons. Cela n’est pas une surprise du fait de l’utilisation des membres supérieurs.

Concernant les aspects biomécaniques, l’auteur estime que l’utilisation des bâtons diminue les pressions mesurées au niveau des genoux et des hanches mais aussi à la face plantaire sous les têtes métatarsiennes par rapport à un marcheur sans bâtons. Toutefois, modère Frédéric Depiesse, une partie des vibrations des chocs passe alors par les membres supérieurs, la ceinture scapulaire et le cou. D’où l’importance de faire des exercices de renforcement musculaire en prévention pour les muscles des membres supérieurs, du tronc, du rachis et des épaules.

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Marche nordique et pathologies

Le livre de Frédéric Depiesse analyse également les bienfaits de la marche nordique concernant diverses pathologies. Ainsi notamment :

  • Pour les maladies cardiovasculaires: la marche nordique pourrait remplacer ou compléter l’usage du cyclo-ergomètre en réadaptation cardiaque de façon aussi efficace pour les patients insuffisants cardiaques, coronariens en centre de rééducation, puis dans leur quotidien ;
  • Pour les diabétiques: la marche nordique agit efficacement sur les paramètres de composition corporelle et sur le métabolisme du glucose et des lipides ;
  • Pour le surpoids: il y a un effet positif de de la marche nordique chez des sujets obèses ou en surpoids. Toutefois les résultats dépendent de l’intensité de l’activité et de son association ou non à un régime alimentaire équilibré. A raison de 3 séances par semaine sur 3 ou 4 mois, on peut perdre de l’ordre de 1 à 2 kg. Mais pour d’autres partant vraiment d’un état de sédentaire inactif, les résultats peuvent être beaucoup plus spectaculaires (lire notre article Témoignage de Laurent qui a perdu 40 kg en un an) ;
  • Pour la maladie de Parkinson: la marche nordique influe positivement sur la capacité fonctionnelle et motrice (voir notre article Témoignage de Mireille) ;
  • Pour l’arthrose: pratique bénéfique en prévention primaire et en secondaire avant et après la pose d’une prothèse du genou ou de la hanche ;
  • Pour le cancer: la marche nordique est recommandée en prévention primaire et secondaire après la plupart des cancers guéris ou en rémission, en particulier le cancer du sein avec ou sans reconstruction (lire notre article Témoignage de deux sœurs).

L’auteur fait également le point sur les connaissances pour de nombreuses autres pathologies (fibromyalgie, artérite, SEP….)

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A noter que pour le Dr Depiesse, la pratique de la marche nordique doit être complétée par des séances de renforcement musculaire, notamment pour certains muscles qui ne sont pas ou inhabituellement sollicités comme par exemple l’épaule ou l’ischio-jambier. Il préconise également de faire des entraînements croisés avec d’autres sports (course, natation, yoga, Pilates, etc.).

« La marche a beaucoup d’intérêts, souligne -t-il, dont celui de vascularisation du cerveau. Elle favorise la cognition et permet de mémoriser, rêver et créer en marchant. C’est pourquoi je suis un passionné de l’Urban Walk, de Meeting Walk (réunions professionnelles en marchant ou consultation médicale en marchant dans un parc) : à l’instar des pistes cyclables, il faudrait développer en ville des pistes pour marcheurs nordiques ! »

N’hésitez pas à donner votre avis sur les bienfaits apportés par la marche nordique sur votre santé ou sur votre pratique avec d’autres sports en commentaire de cet article !

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