Jean-Pierre Guilloteau, qui êtes-vous ?

J’habite Autrans dans le Vercors et j’ai toujours été très sportif (escalade, judo, karaté, marathon, parachutisme). Je suis passionné par la montagne même si je n’en ai pas fait mon métier au départ puisque j’ai été chercheur en biologie structurale dans un laboratoire pharmaceutique. En 2000, j’ai décidé de changer de cap professionnel : j’ai alors passé un brevet d’État d’alpinisme mention Accompagnateur en Montagne.

J’ai créé ensuite en 2006 ma propre structure, JPG Montagnes, qui propose des raids, des randonnées à pied et en raquettes en hiver et de la marche nordique au printemps, en été et en automne. J’ai appris différentes techniques de marche nordique, dont OTOP de Jean-Philippe Samel, et j’ai publié en 2012 chez Glénat un livre : La marche nordique – Techniques et bienfaits. Je suis convaincu des bienfaits de la marche nordique : on peut dire que la MN est un des rares sports où la pratique d’une bonne technique entraîne automatiquement des bienfaits sans aucun dommage pour le corps.

En quoi consiste le geste de la marche nordique ?

Il s’agit d’un geste technique bien précis qui apporte de nombreux bienfaits s’il est bien réalisé. La poussée du bâton s’exerce à la fois vers l’avant et le haut, mais la force verticale est aux deux tiers plus importante que la force horizontale si l’on plante le bâton au milieu de la foulée (voir à ce sujet mon article paru sur FB). La force horizontale nous aide à nous propulser vers l’avant, la force verticale est celle qui diminue la pression sur nos chevilles, nos genoux, nos hanches, notre dos. C’est dans ce sens que l’on peut dire que la MN est magique parce qu’elle nous fait avancer et qu’en même temps elle nous allège.

On peut jouer sur ces deux variables (force horizontale et force verticale) en fonction de l’endroit où l’on plante le bâton (au niveau du pied arrière, au milieu de la foulée qui est la position standard ou au niveau du pied avant) et de la taille du bâton. Ainsi, si on le plante au niveau du pied arrière, il y aura plus de propulsion vers l’avant. Plus on plante le bâton vers l’arrière, plus la composante horizontale augmente et plus la composante verticale diminue (voir schéma 4). De même, plus le bâton est grand, plus il y aura une poussée horizontale.

Le choix du bâton est donc important ?

Ce choix est très important car il conditionne le plaisir de la marche. Un des premiers critères est la taille du bâton. En théorie, on peut la calculer en multipliant sa taille en cm par 0,67. En pratique, on peut choisir à l’œil la taille de son bâton en le tenant la main engagée dans le gantelet et serrée sur la poignée et en le plantant verticalement devant soi avec le bras le long du corps. L’angle entre l’avant-bras et le bras doit être légèrement supérieur à 90 degrés, autrement dit l’avant-bras doit légèrement aller vers le bas. Si l’avant-bras est trop incliné vers le bas, le bâton est trop court et inversement. Si vous devenez un pratiquant assidu, je vous conseille de marcher avec des bâtons de tailles différentes : plus grands ou plus petits de 5 à 10 cm et de varier la position du planté. Expérimentez. Ressentez. Et choisissez !

Les compétiteurs aiment augmenter la taille de leur bâton pour récupérer une bonne amplitude tout en gardant un angle de poussée avec une composante horizontale importante.

La montagne est-elle un terrain adapté à la marche nordique ?

Il est possible et même recommandé de pratiquer en montagne pour profiter de cette belle nature ! Il faut juste un chemin minimum de 50 cm de large pour pouvoir utiliser au mieux les bâtons et rester sur des chemins herbeux ou des pistes en évitant les devers et les tas de pierre. Quand l’on monte, on peut faire le pas classique ou un double appui (pas de trois). La marche nordique permet de randonner sur plusieurs jours sans se fatiguer. Grâce à l’appui sur les bâtons, on est soulagé sur les muscles et on garde les jambes légères.

En tant qu’accompagnateur en montagne j’aime partager mes connaissances sur la nature, la faune, la flore, et les traditions humaines de la montagne. J’ai d’ailleurs créé un podcast « En montagne avec JPG » où je vous amène à la découverte de cet univers extraordinaire. On y parle de marmottes, de lacs, de pics noirs et de fourmis camponotes et bien sûr de marche nordique !

A lire

La marche nordique – Techniques et bienfaits

Livre JP Guilloteau
DR

Sorti en 2012 et régulièrement réédité, le livre de Jean-Pierre Guilloteau est une référence dans le domaine. Très pratique, il comprend des exercices à réaliser illustrés à chaque fois par des photos pour apprendre le mouvement académique de base, les techniques de déplacement (pas de trois, bonds et franchissements d’obstacles, etc.) et pour progresser techniquement. Un chapitre entier est consacré aux échauffements en début de séance et un autre aux étirements en fin de séance. En fin d’ouvrage des séances types sont proposées pour perdre du poids, travailler son impulsion et sa détente, débloquer ses épaules…. Enfin Jean-Pierre Guilloteau parle d’association de la marche nordique avec d’autres activités de bien-être comme le qi gong, le yoga ou la marche afghane. Une évolution en cours à l’instar par exemple de François Quérini, accompagnateur en montagne également basé dans le Vercors, qui associe marche nordique, ski de fond et yoga.
La marche nordique – Techniques et bienfaits, Editions Glénat – 144 pages – 15,50 euros

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